Dubaï, pour conclure.
Publié le 07 décembre 2009
Les journalistes étant désormais passés à autre chose, il est temps de faire un premier bilan sur la tempête financière qui a secoué l’Émirat la semaine dernière.
Des fissures sont apparues, certaines vont s’élargir doucement, d’autres mettront du temps à se refermer, et la solidité globale de cet eldorado est pour longtemps affaiblie:
- Le prince régnant, Al Makhtoum ne paraît plus si « souverain », il ne maîtrise pas aussi bien la situation de son pays qu’il ne laissait paraitre. On s’aperçoit que sa cour de conseillers n’osent pas lui dépeindre la réalité et qu’il vit dans une bulle (immobilière?). Lire à ce sujet cet article du NYTimes.
- Les relations avec l’Émirat voisin, celui d’Abu Dhabi, sont tendues. Alors que celui-ci avait volé au secours de son trublion voisin en début d’année, et même encore quelques heures avant l’annonce du défaut, il est apparu au mieux distant, au pire fâché. Abu Dhabi va profiter de cet épisode pour imposer ses vues à la fédération d’Emirats que sont les Emirats Arabes Unis (Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Ajman, Ras Al Khaimah, Umm al-Quwain, et Fujairah) et centraliser un peu plus les pouvoirs. Car seul Dubaï, par sa réussite insolente lui en contestait une partie.
- Qui de l’œuf ou de la poule vient en premier? Dubaï avait choisi, l’offre immobilière et touristique devait engendrer des visiteurs et du commerce. L’offre précédait la demande. Pour construire une offre attrayante, le recours à l’endettement massif était nécessaire. Il est clair que l’annonce d’il y a 10 jours va refroidir l’enthousiasme des investisseurs pour un long moment et que dans tous les cas, les taux d’intérêts seront désormais plus élevés (prime de risque accrue) et les engagements scrupuleusement surveillés. Il n’y a pas encore eu d’annonces concernant les projets pharaoniques en cours de construction, mais cela va être très serré j’imagine, pour pouvoir les compléter. Il va probablement falloir qu’ils mettent un mouchoir sur leur amour-propre pour sauver certains symboles de leur réussite (Burj Dubaï, la plus haute tour du monde, par exemple)
Il s’agit donc d’un réel coup d’arrêt pour Dubaï, économique et politique. Dubaï était un mirage, une illusion. Comme toujours, les arbres ne montent pas au ciel, surtout en plein désert, même arrosé d’un gros paquet de dollars (plus ou moins propre d’ailleurs, mais c’est un autre sujet).
Il va y avoir un dur retour à la réalité. Pour moi Dubaï représente la quintessence des excès des nos sociétés, pollution, cupidité, frime et je trouve que cette « crise dubaïote » est salutaire. Je me rends compte que je m’en réjouis même. Comme si des tricheurs (vis à vis de la planète et de ses autres habitants) étaient enfin punis.
CQFD.
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2 réactions sur Dubaï, pour conclure.


Bonjour,petite rectification Burj dubai n es plus en chantier…c est livree
Oups!
Vérification faite, il est effectivement terminé. Il faut que j’aille voir ça quand même.
Par contre il est pas fini de payer pour rester dans le sens de mon billet.
Merci pour votre rectification.