La filière viande face au défi environnemental.
Publié le 17 décembre 2009
Je me rappelle un mail amusant reçu il y a quelques années et qui se moquait de Microsoft en imaginant comment seraient nos voitures si le géant des logiciels en était le constructeur.
Je vais m’essayer à la même analogie entre les industriels de la viande et les constructeurs automobiles, en comparant leurs réactions par rapport aux défis environnementaux. Je ne crois pas que ce sera aussi distrayant.
Tout d’abord, on ne peut pas considérer le véhicule automobile comme un moyen de transport écologiquement correct, sa part dans les émissions globales de CO2 doit être du même ordre que l’élevage qui est tant décrié à l’heure actuelle.
Le secteur automobile a connu les affres des écologistes il y a quelques années, rappelez-vous les 4×4 dont on crevait les pneus, les appels à la grève de la voiture, les menaces de taxation, péages, etc… S’y ajoutait à l’époque la mise en place d’un sévère politique de répression des excès de vitesse et autres infractions.
Au tout début, quelques représentants des constructeurs et de leur syndicat professionnel s’arque-boutait sur une défense rigide de leur métiers, les emplois induits, le poids économique, etc… En clair, ils demandaient qu’on les laisse continuer comme avant.
Mais les départements marketing des constructeurs ont très vite trouvé bien meilleure réponse. Aidés des ingénieurs, ils ont répondu aux appels des clients en imaginant puis commercialisant des produits adaptés aux nouvelles contraintes. Ils ne nous ont pas dit que les avions eux aussi n’étaient pas bons, où que les voitures américaines étaient seuls responsables de x% des émissions totales. Non! Ils ont vendu les produits adaptés.
Aujourd’hui, personne ne s’étonne que les constructeurs profitent du sommet de Copenhague pour mettre en avant leurs nouveaux modèles, leurs technologies vertes. Ils ne sont plus critiqués par l’opinion, mais presque encensés!
Nous devrions dans notre filière, s’inspirer de leur réaction.
Au lieu de pleurer sur nos malheurs, l’injustice des journalistes vis à vis de notre filière, remontons nous les manches, et lançons les produits que le consommateur-citoyen exige de nous. Les gens aiment leur voiture, mais ils aiment aussi la viande, il suffit de lire les commentaires des articles parus sur internet qui traite de ce problème pour apprécier la côte d’amour qu’ont nos produits.
Encourageons les productions les plus respectueuses, communiquons sur les initiatives qui permettront de réduire nos émissions. Si un porte parole avait pu profiter du sommet pour annoncer que les éleveurs avaient eux aussi la volonté de réduire de x% les émissions, mis en avant des probables solutions pour amoindrir notre impact (lire à ce sujet cet exemple) . Paul Mc Cartney pouvait aller se rhabiller.
Nous ne devons pas penser que nous passerons à côté de ce problème global (le réchauffement et les émissions de gaz à effets de serre). Cela préoccupe nos clients, donc cela doit nous préoccuper. Nous y serons forcément confronter, alors autant prendre le taureau par les cornes au lieu de faire l’autruche.
A suivre…
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