Parlez-vous Chinois?

Au delà de l’échec des négociations de Copenhague, ce qui sera retenu de ce sommet, c’est le nouvel exemple de la montée inexorable de la Chine sur la scène internationale.

De tout temps, la puissance dominante a imprégné les autres cultures de son modèle, des Grecs aux Anglais en passant par les Romains. Le langage, la constitution, les lois, l’art.

Aujourd’hui nous sommes tous Américains dans le sens où nos valeurs, notre consommation et notre culture sont une copie plus ou moins fidèle du modèle nord-américain. Nous l’acceptons et même le revendiquons à l’occasion.

Demain, quand la Chine se sera imposée, cela influencera forcément notre modèle de société. De quelle manière?

Je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle et la perspective est peu réjouissante. Que le modèle de notre planète pour le reste de ce XXIè siècle risque d’être cette oligarchie montre à quel point notre planète est malade.

De nouvelles formes de participation citoyenne et de coopération commerciale sont indispensables. Vaste sujet qui dépasse le cadre de ce billet.

Sinon… il vaudra mieux apprendre le chinois pour se rapprocher du sommet.

希望

La filière viande face au défi environnemental.

Je me rappelle un mail amusant reçu il y a quelques années et qui se moquait de Microsoft en imaginant comment seraient nos voitures si le géant des logiciels en était le constructeur.

Je vais m’essayer à la même analogie entre les industriels de la viande et les constructeurs automobiles, en comparant leurs réactions par rapport aux défis environnementaux. Je ne crois pas que ce sera aussi distrayant.

Tout d’abord, on ne peut pas considérer le véhicule automobile comme un moyen de transport écologiquement correct, sa part dans les émissions globales de CO2 doit être du même ordre que l’élevage qui est tant décrié à l’heure actuelle.

Le secteur automobile a connu les affres des écologistes il y a quelques années, rappelez-vous les 4×4 dont on crevait les pneus, les appels à la grève de la voiture, les menaces de taxation, péages, etc… S’y ajoutait à l’époque la mise en place d’un sévère politique de répression des excès de vitesse et autres infractions.

Au tout début, quelques représentants des constructeurs et de leur syndicat professionnel s’arque-boutait sur une défense rigide de leur métiers, les emplois induits, le poids économique, etc… En clair, ils demandaient qu’on les laisse continuer comme avant.

Mais les départements marketing des constructeurs ont très vite trouvé bien meilleure réponse. Aidés des ingénieurs, ils ont répondu aux appels des clients en imaginant puis commercialisant des produits adaptés aux nouvelles contraintes. Ils ne nous ont pas dit que les avions eux aussi n’étaient pas bons, où que les voitures américaines étaient seuls responsables de x% des émissions totales. Non! Ils ont vendu les produits adaptés.

Aujourd’hui, personne ne s’étonne que les constructeurs profitent du sommet de Copenhague pour mettre en avant leurs nouveaux modèles, leurs technologies vertes. Ils ne sont plus critiqués par l’opinion, mais presque encensés!

Nous devrions dans notre filière, s’inspirer de leur réaction.

Au lieu de pleurer sur nos malheurs, l’injustice des journalistes vis à vis de notre filière, remontons nous les manches, et lançons les produits que le consommateur-citoyen exige de nous. Les gens aiment leur voiture, mais ils aiment aussi la viande, il suffit de lire les commentaires des articles parus sur internet qui traite de ce problème pour apprécier la côte d’amour qu’ont nos produits.

Encourageons les productions les plus respectueuses, communiquons sur les initiatives qui permettront de réduire nos émissions. Si un porte parole avait pu profiter du sommet pour annoncer que les éleveurs avaient eux aussi la volonté de réduire de x% les émissions, mis en avant des probables solutions pour amoindrir notre impact (lire à ce sujet cet exemple) . Paul Mc Cartney pouvait aller se rhabiller.

Nous ne devons pas penser que nous passerons à côté de ce problème global (le réchauffement et les émissions de gaz à effets de serre). Cela préoccupe nos clients, donc cela doit nous préoccuper. Nous y serons forcément confronter, alors autant prendre le taureau par les cornes au lieu de faire l’autruche.

A suivre…

Dubaï, pour conclure.

Les journalistes étant désormais passés à autre chose, il est temps de faire un premier bilan sur la tempête financière qui a secoué l’Émirat la semaine dernière.

Des fissures sont apparues, certaines vont s’élargir doucement, d’autres mettront du temps à se refermer, et la solidité globale de cet eldorado est pour longtemps affaiblie:

  • Le prince régnant, Al Makhtoum ne paraît plus si « souverain », il ne maîtrise pas aussi bien la situation de son pays qu’il ne laissait paraitre. On s’aperçoit que sa cour de conseillers n’osent pas lui dépeindre la réalité et qu’il vit dans une bulle (immobilière?). Lire à ce sujet cet article du NYTimes.
  • Les relations avec l’Émirat voisin, celui d’Abu Dhabi,  sont tendues. Alors que celui-ci avait volé au secours de son trublion voisin en début d’année, et même encore quelques heures avant l’annonce du défaut, il est apparu au mieux distant, au pire fâché. Abu Dhabi va  profiter de cet épisode pour imposer ses vues à la fédération d’Emirats que sont les Emirats Arabes Unis (Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Ajman, Ras Al Khaimah, Umm al-Quwain, et Fujairah) et centraliser un peu plus les pouvoirs. Car seul Dubaï, par sa réussite insolente lui en contestait une partie.
  • Qui de l’œuf ou de la poule vient en premier? Dubaï avait choisi, l’offre immobilière et touristique devait engendrer des visiteurs et du commerce. L’offre précédait la demande. Pour construire une offre attrayante, le recours à l’endettement massif était nécessaire. Il est clair que l’annonce d’il y a 10 jours va refroidir l’enthousiasme des investisseurs pour un long moment et que dans tous les cas, les taux d’intérêts seront désormais plus élevés (prime de risque accrue) et les engagements scrupuleusement surveillés. Il n’y a pas encore eu d’annonces concernant les projets pharaoniques en cours de construction, mais cela va être très serré j’imagine, pour pouvoir les compléter. Il va probablement falloir qu’ils mettent un mouchoir sur leur amour-propre pour sauver certains symboles de leur réussite (Burj Dubaï, la plus haute tour du monde, par exemple)

Il s’agit donc d’un réel coup d’arrêt pour Dubaï, économique et politique. Dubaï était un mirage, une illusion. Comme toujours, les arbres ne montent pas au ciel, surtout en plein désert, même arrosé d’un gros paquet de dollars (plus ou moins propre d’ailleurs, mais c’est un autre sujet).

Il va y avoir un dur retour à la réalité. Pour moi Dubaï représente la quintessence des excès des nos sociétés, pollution, cupidité, frime et je trouve que cette « crise dubaïote » est salutaire.  Je me rends compte que je m’en réjouis même. Comme si des tricheurs (vis  à vis de la planète et de ses autres habitants) étaient enfin punis.

CQFD.

Dubaï encore…

Le département des finances de l’Emirat de Dubaï vient d’annoncer que le gouvernement ne se porterait pas garant des dettes de se filiale Dubaï World.

Le Directeur Général du département des finances a précisé dans une intervention télévisée, que les créditeurs devaient savoir faire la différence entre une entreprise privée et le gouvernement. J’imagine la tête des banquiers à qui ce message s’adresse et qui étaient avec cette même personne il y a quelques semaines à se faire des tapes dans le dos…

Des enfants gâtés…

Source: Financial Times.

Dubaï – La suite

Je vous parlais hier des problèmes financiers de l’ Emirat de Dubaï.

Comme anticipé, les bourses mondiales ( pour cause de Thanksgiving, Wall Street était fermé, heureusement?) ont fortement réagi à l’annonce.

La poussière retombe à peine et l’on peut lire les premiers commentaires dans la presse financière anglo-saxonne, et on peut dire qu’ils ne sont vraiment pas contents.

Le Financial Time estime que la famille règnante de Dubaï (les Makhtoum) ont perdu une grande partie de leur crédibilité Mercredi et que cela risque de leur coûter très cher. Il faut dire que la communauté financière était, en dépit du bon sens, tombé sous le charme de ce prince moderne.

Ainsi l’on n’est pas surpris d’apprendre que début Novembre, la Citi ou Barclays était enthousiaste pour les émissions obligataires de l’Emirat et en redemendaient… Ils affirmaient que ces bons faisaient parti des meilleures opportunités actuellement offertes aux investisseurs. Il n’y a que des Anglais pour prendre un coup de soleil au mois de Novembre ;).

Et aujourd’hui un analyste de UBS s’interroge sur la dimension exacte des prêts que Dubaï doit,  preuve de l’opacité des montages et du peu de transparence de la gestion de ce gouvernement.

A suivre… Je pense

NB: Mes propos sont plutôt moqueurs, j’en conviens, mais pendant des années j’ai cru que c’était moi qui était fou. Lors de ma précédente visite à Dubaï, j’avais été écœuré par ce que j’avais vu. Tellement diamétralement opposé à ce que j’aspire. Ces gens sont les plus gros gaspilleurs de la planète et on les encensait! insensé?

L’émirat de Dubaï au bord de la faillite!

A mon humble avis, cette nouvelle est loin d’être anodine. Un des plus importants bras financier (Dubaï World) de l’émirat de Dubai  a annoncé hier qu’il avait demandé un moratoire sur ses dettes (59 milliards de $ tout de même) de 6 mois.

Vous connaissez tous Dubaï World pour ses réalisations pharaoniques, l’ île artificielle en forme de palmier, et autres complexes immobiliers démesurés.

Je connais bien Dubaï pour y avoir vécu 6 années fin 90, et la surprise, c’est que cela ne soit pas arrivé plus tôt. Jusqu’ici le grand frère Abu Dhabi avait toujours été là pour parer aux besoins urgents de trésorerie de ce jeune Emirat. D’ailleurs juste avant cette annonce, Dubaï avait sécurisé un emprunt de 10 milliards de $ auprès d’institutions financières proche du pouvoir d’Abu Dhabi. Pour traverser le désert?

Le timing de cette annonce est également important, aujourd’hui doit être un jour à moitié chômé, demain c’est la Eid, qui sera suivi de 3 jours  fériés. Qui sera suivi de la fête nationale. Les marchés seront donc fermés presque une semaine !

Le CAC perd à cet instant 2%,  ce n’est pas étroitement lié, mais d’après les commentaires, cela a une influence sur les cours.

MAJ 14h: Dépêche AFP sur le sujet sur Boursorama.

Sources: Le Figaro/Le nouvel Obs