Il faut sauver les agneaux – Les Nouvelles Calédoniennes

Une tempête d’une extrême violence a balayé le sud de la Nouvelle Zélande mi septembre causant la mort d’1 million d’agneaux nouvellement nés! A l’échelle du cheptel néo zélandais cela n’est pas énorme, mais cela reste significatif économiquement.

Et bien sûr au delà du simple aspect financier, c’est un drame animalier. Qui semble se reproduire fréquemment (la dernière fois en 2005) et qui appelle une réaction des agriculteurs néo-zélandais (pour abriter les agneaux, ou essayer de décaler les naissances à une période plus propice), au risque de se voir traiter de barbares.

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Source: Il faut sauver les agneaux – Les Nouvelles Calédoniennes.

La production mondiale de viande doit être doublée d »ici 2050

Le Congrès Mondial de la Viande se tient actuellement en Argentine.  Pour ne pas passer complètement inaperçus aux yeux des médias et du grand public, ils ont donc sorti un communiqué de presse percutant:

« D’ici 2050, la production de viande doit doubler pour répondre à la croissance de la population mais aussi à l’appétit nouveau d’une partie de la planète qui va pouvoir s’offrir plus de viande dans son alimentation. »

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Doubler en 40 ans, cela ne fait qu’un peu moins de 1.8% par an, mais c’est moins sexy.

Mais ce chiffre est aussi un brin provocateur à l’heure ou le secteur fait la Une plutôt pour son impact environnemental. Se gargariser de vouloir doubler la production c’est risquer de voir les foudres écologiques s’abattre sur soi.

C‘est également montrer à quel point on continue de nager à contre courant, comme souvent malheureusement…

Source: AFP: La production mondiale de viande doit être doublée d »ici 2050.

La filière viande face au défi environnemental.

Je me rappelle un mail amusant reçu il y a quelques années et qui se moquait de Microsoft en imaginant comment seraient nos voitures si le géant des logiciels en était le constructeur.

Je vais m’essayer à la même analogie entre les industriels de la viande et les constructeurs automobiles, en comparant leurs réactions par rapport aux défis environnementaux. Je ne crois pas que ce sera aussi distrayant.

Tout d’abord, on ne peut pas considérer le véhicule automobile comme un moyen de transport écologiquement correct, sa part dans les émissions globales de CO2 doit être du même ordre que l’élevage qui est tant décrié à l’heure actuelle.

Le secteur automobile a connu les affres des écologistes il y a quelques années, rappelez-vous les 4×4 dont on crevait les pneus, les appels à la grève de la voiture, les menaces de taxation, péages, etc… S’y ajoutait à l’époque la mise en place d’un sévère politique de répression des excès de vitesse et autres infractions.

Au tout début, quelques représentants des constructeurs et de leur syndicat professionnel s’arque-boutait sur une défense rigide de leur métiers, les emplois induits, le poids économique, etc… En clair, ils demandaient qu’on les laisse continuer comme avant.

Mais les départements marketing des constructeurs ont très vite trouvé bien meilleure réponse. Aidés des ingénieurs, ils ont répondu aux appels des clients en imaginant puis commercialisant des produits adaptés aux nouvelles contraintes. Ils ne nous ont pas dit que les avions eux aussi n’étaient pas bons, où que les voitures américaines étaient seuls responsables de x% des émissions totales. Non! Ils ont vendu les produits adaptés.

Aujourd’hui, personne ne s’étonne que les constructeurs profitent du sommet de Copenhague pour mettre en avant leurs nouveaux modèles, leurs technologies vertes. Ils ne sont plus critiqués par l’opinion, mais presque encensés!

Nous devrions dans notre filière, s’inspirer de leur réaction.

Au lieu de pleurer sur nos malheurs, l’injustice des journalistes vis à vis de notre filière, remontons nous les manches, et lançons les produits que le consommateur-citoyen exige de nous. Les gens aiment leur voiture, mais ils aiment aussi la viande, il suffit de lire les commentaires des articles parus sur internet qui traite de ce problème pour apprécier la côte d’amour qu’ont nos produits.

Encourageons les productions les plus respectueuses, communiquons sur les initiatives qui permettront de réduire nos émissions. Si un porte parole avait pu profiter du sommet pour annoncer que les éleveurs avaient eux aussi la volonté de réduire de x% les émissions, mis en avant des probables solutions pour amoindrir notre impact (lire à ce sujet cet exemple) . Paul Mc Cartney pouvait aller se rhabiller.

Nous ne devons pas penser que nous passerons à côté de ce problème global (le réchauffement et les émissions de gaz à effets de serre). Cela préoccupe nos clients, donc cela doit nous préoccuper. Nous y serons forcément confronter, alors autant prendre le taureau par les cornes au lieu de faire l’autruche.

A suivre…

Copenhague vs élevage.

Le sommet de Copenhague commençant aujourd’hui, les questions environnementales ont un échos particulièrement important dans l’actualité récente.

Ainsi, il y a quelques jours, Paul Mc Cartney refaisait la Une (pas pour une chanson) avec sa proposition de boycotter la viande une fois par semaine. Franchement, pas de soucis, même moi, un « viandard », m’abstiens de viande en général le Vendredi, par habitude (et ça me mets en état de manque pour le Samedi et le Dimanche ;) )

Par contre, j’ai vu ici ou là des encouragements à ne plus manger de viande pendant tout le sommet, et surtout ressortir la diatribe habituelle sur les méfaits de l’agriculture et de l’élevage en matière d’environnement.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai de plus en plus de mal à trier les informations, à me faire une opinion sur de nombreux sujets. Le vaccin contre la grippe A, Clearstream, etc… Nous sommes abreuvés d’informations contradictoires, débitées avec forte conviction, appuyées par des médias et lobbys puissants. Je ne sais plus.

Pour en revenir à nos moutons, ou plus précisément nos vaches, j’ai trouvé les présentations des intervenants au sommet de l’élevage qui se tenait récemment en France et qui avait pour sujet principal l’environnement.  Pour y accéder, cliquez ici.

Le constat qu’ils dressent est moins noir que celui qui ressort des chiffres publiés fréquemment. Une raison principale, le mode d’élevage français est en bonne partie « traditionnel », c’est à dire avec des animaux qui vivent une partie de l’année dans les prés. Et ces prairies s’avèrent être des puits de carbone appréciable et  sources de biodiversité (insectes, oiseaux, rongeurs…).

Le défi pour notre filière est de réussir à contrer la machine médiatique qui se fie aux rapports alarmistes d’ONG anglo-saxonnes ayant comme modèle de calcul les exploitations sud-américaines.

Le modèle français et européen en terme d’agriculture et d’élevage est donc plutôt à défendre qu’à détruire pour sauver notre planète. Nous avons su nous opposer au reste de la terre sur bien des sujets (Irak, OGM, …) saurons-nous nous battre une nouvelle fois?

Ces derniers jours ont été publié des articles allant dans ce sens, ici et par exemple. Même le Directeur Général de la FAO, dont les rapports sont pourtant repris par anti-viandes  pour étayer leur démonstration, est assez pragmatique et se rapproche des positions de la profession, à lire ici.

Ma crainte est que comme souvent, le bon sens et la bonne foi ne fassent pas le poids face au spectaculaire. C’est probablement difficile à créer pour notre profession qui n’est pas très « sexy », mais une communication « spectacle » permettrait de mieux exposer nos arguments.

Qui a une idée?

Peut-être un concours avec le support d’une plateforme virale type Facebook ou Youtube? A suivre…

Le Boeuf Race à Viande, un bon morceau d’environnement

J‘avais abordé le thème de l’environnement et des menaces qui pesait sur notre filière il y a quelques semaines (ici ) et avait alors appelé de mes vœux une communication forte sur ces sujets.

Je n’étais (bien sûr) pas le seul à penser de même et depuis quelques jours, Interbev a mis en place une nouvelle campagne de communication dans les boucheries traditionnelles intitulée « Le bœuf Race à Viande, un bon morceau d’environnement ».

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Visuellement attirant, le site présente les arguments en faveur de la production de bovins race à viande vis à vis du réchauffement climatique et des gaz à effet de serre.

Par contre le constat affiché est tellement rose, je cite les chapitres du site: « Un impact positif sur le climat », »Un impact positif sur la qualité de l’eau » , etc…

Le message en devient peu crédible. Je trouve que cela manque de pédagogie et sera très peu convaincant. Je ne remets pas en cause les éléments défendus, mais bien leur présentation. Et aujourd’hui l’emballage a autant sinon plus d’importance que le contenu. On doit en être désolé, mais le fait est là et il faut jouer avec.

Pour en finir avec la pédagogie, ci-dessous la jolie illustration qui accompagne les arguments du « Un impact positif sur le climat ».

Une image vaut mieux qu’un long discours.

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Appétissant non?

Et vous, qu’en pensez-vous?

Interdire la viande pour sauver la planète | LeMatin.ch

Un nouveau coup de boutoir à la filière viande par le biais d’une interview de Lord Nicholas Stern au « Times ». La rhétorique est désormais connue, produire de la viande est un non-sens écologique, arrêtons donc de manger de la viande.

Comme je l’ai déjà commenté à propos du livre récemment paru « Bidoche », il s’agit d’une position extrémiste mais qu’il ne faut pas ignorer ou sous-estimer.

Les commentaires de l’article sur le site du Matin sont un baromètre assez encourageant, il y a un grand nombre de lecteurs qui considèrent que manger de la viande fait partie intégrante de notre identité, mais on doit reconnaître que la balance penche pour une consommation « raisonnée » de protéines animales, et pour une production plus responsable des dites protéines. (en parlant de commentaires, Outre-manche, la balance est nettement moins favorable aux carnivores).

Je regrette le flou qui entoure les chiffres lancés ici et là sur le coût environnemental de la production de viande et je vous encourage à lire une tribune publiée (trop discrètement) par Denis Sibille (éleveur mosellan et Président de l’Interbev) et Pierre Chevallier (Président de la FNB) il y a quelques temps et que j’ai mis à disposition ici.

Ils remettent en cause les calculs pour établir la pollution de la production de viande. Leurs arguments sont convaincants, mais alors pourquoi une communication si inaudible. S’ils sont sûrs de leur fait, qu’ils le crient haut et fort.

Dans tous les cas, il nous faudra rapidement incorporer les préoccupations environnementales à notre mix commercial, comme l’ont fait très bien et rapidement les constructeurs automobiles. En 10 ans, leur argumentaire est passé de la puissance du moteur, à la sécurité passive du véhicule pour mettre en avant désormais la frugalité de leurs nouveaux modèles.

Nous en sommes où dans la viande? A la traçabilité? plus sûrement au « Je suis Français moi monsieur!  » et alors?

Source: Interdire la viande pour sauver la planète | LeMatin.ch.

Viande, la nouvelle menace ? – Metro

Titre racoleur pour un question/réponse sur le forum de Metro (le journal) avec l’auteur de Bidoche (au tire également provocateur: l’industrie de la viande manace le monde).

Le titre ne fait pas vraiment honneur à l’honnêteté des réponses je trouve. Il s’agit d’un point de vue « écocitoyen » qui ne s’applique pas uniquement à l’industrie de la viande, c’est clair, mais ses remarques sont dans l’air du temps et il faut en être conscient.

Une position extrême, mais l’ignorer est également extrémiste.

Source: Viande, la nouvelle menace ? – Metro.